Point de manifeste derrière le Festival des Architectures Vives, mais plutôt l’affirmation d’une évolution de la pratique architecturale qui, intégrant tous les domaines connexes à sa culture, n’hésite pas à s’affirmer dans ses réalisations. Les Architectures Vives sont mutantes et évolutives par nature, elles sont chaque fois ponctuelles, arrachées à l’urgence du présent. Lassées des a priori formels ou esthétiques, elles se fondent sur l’expérimentation. Alors forcément elles ont le sens de l’humour, autant que de l’humilité. Alors que des tendances actuelles souhaiteraient figer l’architecture dans le miroir de la grande Histoire et du Patrimoine, les Architectures Vives préfèrent, pour leur part, la prérogative de l’usage au droit de l’auteur. Elles sont « copyleft » dans leur attitude et se réjouissent sincèrement de toute réappropriation libre et constructive. Car elles s’adressent au bénéficiaire plutôt qu’au propriétaire : à l’habitant, au riverain, au citadin, au citoyen qui sont invité à créer la fonction architecturale, à se saisir des réalisations pour les vivifier et les transformer. Le Festival des Architectures Vives à Montpellier en est à sa seconde édition mais déjà il suscite l’adhésion du public, des professionnels de l’architecture, des étudiants et maîtres d’ouvrage, et a réuni l’année dernier quelques trois mille visiteurs. Serait-il en train de fédérer un mouvement, de mettre à jour une nouvelle tendance dans l’architecture contemporaine ? Ce n’est pas l’histoire qui le dira, plutôt l’époque.

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